3 semaines de nav dans les Caraïbes. C’est ce que nous avions au programme, comme suite logique de la traversée. Avec à la clé les retrouvailles tant attendues avec nos moitiés.

Première étape: rejoindre la Martinique, ou nous devons retrouver le catamaran loué par Greg, Yan, Vaness, Zoé, Marta et David. Après consultation de la météo, décision prise de nous rendre au Marin… en Ferry! En effet, les conditions s’annoncent peu alléchantes… creux de 5 mètres, plus de 35 noeuds de vent. C’est donc finalement à bord d’un petit bateau à moteur trapu que les 4 pingouins atlantiques ont rejoint leurs chères et tendres. Savourez l’ironie 😉

Rodney Bay – départ d’Hina pour prendre le ferry. Avec quelques petits sacs… 😉

Et ce sont enfin les retrouvailles. Moments intenses… les enfants ont grandi, émotion de se revoir après toutes ces semaines…

La semaine suivante, Coline, Ilan, Yan, David, Greg, Zoé et Marta apprennent à manœuvrer leur magnifique Nautitech Open 40 (catamaran de 12m) nommé fort opportunément « No Stress »… Pendant que Débo et moi partons à la découverte de la Martinique. Petit tour en images:

Les Jardins de Balata – au centre de la Martinique. Un must!

Jardins de Balata

(Pendant ce temps, inutile de dire que certains ne se laissaient pas trop aller sur No Stress…😏)

Petite vue de No Stress depuis la tête de mat. No Stress, AKA « la plateforme pétrolière », « la caravane flottante »… mais quand même, un super bateau 😊

Pendant que Debo et moi arpentons la jungle le long du Canal de Beauregard…

… David, Yan et Greg s’essaie à déplacer la Plateforme vers les Anses d’Arlet. Go go go guys!!

Inévitablement, nous échouons Debo et moi dans la Rhumerie St James (Debo m’a forcé à y aller)

Coucher de Soleil sur la presque île de la Caravelle

La Belle et la bête

… et finalement, tout le monde converge vers les Trois Ilets le 23 au soir, y compris Vanessa, qui rejoint la troupe après 12h de voyage. Bienvenue!

Le lendemain, nous appareillons, tous les 10 – le team au grrrand complet – pour redescendre vers Sainte Lucie, et retrouver Hina à Rodney Bay.

Traversée sans souci, quoique encore un peu hectique (la mer n’était pas encore tout à fait calmée..). Nous arrivons en milieu d’aprem, et Debo et moi retrouvons Hina en pleine forme!

Réveillon trankilou dans l’immense cockpit, entre les averses tropicales et la température jamais en dessous de 25 degrés… les bonshommes de neige et l’air piquant de l’hiver sont bien loins! Malgré cela, bonne bouffe, apéro faits de mille petites douceurs, terrines et autres… et une table remplie de copains. What else? 🙂

Une dernière coupe de champagne… Demain, commence la « vraie » croisière! Au programme: aller-retour vers les îles Grenadines, en moultes étapes.

Le terrain de jeu. Entre la Martinique et les Grenadines (au sud de St Vincent): environ 20h de navigation dans chaque sens. À échelonner sur 2 semaines…

2 bateaux, Hina et No Stress.

2 équipages: sur Hina, Debo et moi. Sur No Stress: Yan, David, Greg, Vaness, Zoé, Marta, Coline et Ilan

… et au final, 1000 histoires à raconter! À suivre très bientôt!! (Et pour ceux qui veulent tous les détails de notre traversée: ne vous en faites pas, ca arrive aussi!!) Stay tuned 😉

11 décembre 2016, 03h52’59 » UTC

Presque une semaine depuis ce moment incroyable que fut l’arrivée.

Il était 5h du matin dimanche dernier quand Greg est venu me réveiller. Terre en vue!

St Lucie se découpait délicatement, un peu perdue entre les nuages de grains qui se succédaient. La nuit avait été bien agitée, à slalomer entre des nuages de pluies immenses, souvent accompagnés de pointes de vent a plus de 30 noeuds


7h heure locale, Hina déboule autour de la pointe nord de l’ile, surfant à plus de 8 noeuds sur ses dernières vagues transatlantiques. Pigeon Island – derrière laquelle se trouve la ligne d’arrivée, est en vue. Nous contactons la ligne d’arrivée sur la VHF:

– ARC Finish Line, ARC finish line, this is sailing yacht Hina, Hina, Hina

….

– Hina, this is ARC Finish Line. Welcome in Santa Lucia guys!

Le photographe de l’ARC vient à notre rencontre en dinghy…. et fait une drôle de tête en nous voyant. Des Pingouins Atlantiques Tropicaux aux Antilles, ca n’est pas fréquent 😏

7h52’59 » local, la ligne est passée avec Aviicii – Wake Me Up, en train d’improviser une Macarena sur le pont (encore un peu, on en profitait pour s’improviser aussi une petite collision avec un pêcheur local.. mais heureusement c’était pas pour cette fois ;))

Les voiles sont amenées, et vers 8h20, nous entrons dans la marina, sous quelques coups de corne de brumes, applaudissements des équipages arrivés avant nous…

Hébétés / hilares… un peu incrédules de ce qui nous arrive.

Manœuvre de port rondement menée, lancers d’amarres. Et Hina vient se reposer doucement contre le quai, enfin, après 21 jours à fendre les flots. Well done girl 👍🏻
À peine arrivés, nous recevons un ‘tit punch.. on se regarde, tous les 4. Coup d’œil à Hina depuis l’extérieur… quelques coulées de rouille le long de la coque mises à part, tout semble en ordre.

Quelques pas sur le ponton.. on tombe dans les bras de Michel et Mariette, tous 2 membres de l’équipage d’Almagores II.

Difficile de transmettre l’émotion ressentie en retrouvant des équipages « amis » après plusieurs semaines de mer. Comme si le fait d’avoir partagé la même expérience rend plus proche, tellement plus vite, tellement plus fort. Michel et Mariette, fin de la cinquantaine, étaient la pour nous. En fait, ils nous attendaient. Ils auraient déjà dû être partis pour la Barbade la veille… mais ils ont préféré prendre un autre avion, un jour plus tard, pour être la à notre arrivée.  Comme ça. Juste parce qu’ils nous aimaient bien. Juste parce qu’on a passé quelques jours ensemble à Las Palmas, parce qu’on a suivi chaque jour nos progressions respectives… parce qu’on a fait mille plans pour les mois et les années à venir, toujours avec quelque part des voiles et la mer..

Encore quelques mètres, et nous retrouvons Jean-Jacques et Michelle, arrivés la veille sur leur X43. On s’arrête dans le premier café, pour un petit dej memorable, tous ensemble.

De gauche à droite: Jean-Jacques, Greg, Michelle, David, Yannick, Michel…


On échange nos expériences… quoi, vous avez pêché un Mahi de 120cm?!?? Explosé votre spi? Y’a les bateaux chanceux, comme nous (au final, on a RIEN abîmé à part la drisse de spi, réparée à Mindelo…) et y’a les autres. Pensée pour Noah, le voilier d’une famille allemande, qui a coulé le 3eme jour pour une raison encore indéterminée. Toute le monde est sauf, heureusement. 

Le soleil monte sur l’horizon, les amis passent, viennent s’asseoir 10 minutes avec nous, on parle… l’après midi est bien entamée quand nous remontons tous les 4 sur Hina. Heureux.

On a traversé l’Atlantique 🙂

14°16.6N – 54°56.6W – ETA 11/12

Waw… St Lucie à seulement 2 jours de nav devant l’étrave… Difficile à croire…

On commence doucement à réaliser qu’on va passer nos 2 dernières nuits en mer. Le temps a défilé tellement, tellement vite… Nous n’avons pas fait le tiers de tout ce
qu’on pensait avoir le temps de faire. Des heures passées à la pêche, à la cuisine, à contempler la mer, à parler, à écouter de la musique (seuls ou accompagnés), à
regarder les étoiles, à écouter Hina partir au surf dans la longue houle Atlantique, à lire, à partir dans un nombre incalculable de délires… Mais aussi à s’occuper
de faire marcher la belle aussi bien que possible, tout en restant toujours prudents et raisonnables dans le choix de la garde-robe.. Toutes ces heures seront passées
comme l’éclair, avec l’impression persistante d’avoir pris la mer il n’y a qu’une petite semaine…

Plus que quelques heures, et un sentiment bizarre, difficile à expliquer. Partagé entre l’excitation de voir la terre, de retrouver tout le monde de l’autre côté,
tous ces équipages avec qui nous avons tellement échangé pendant la traversée… Et aussi l’impression que l’océan, sa houle immense, ses poissons volants, son « rythme » vont terriblement nous manquer.

Tout ce qui reste, en définitive, est une sorte de paix, de joie doublée d’un immense sentiment d’accomplissement, d’avoir été au cœur de cette expérience incroyable,
tous les 4. Sans parler de l’immense bonheur à l’idée du programme des 4 semaines suivant notre arrivée, avec nos moitiers et enfants… 🙂

La traversée aura duré pile 21 jours. C’est plus que ce que nous pensions au départ : Eole ne nous aura pas fait de cadeaux pendant les 10 premiers jours ! Vents
légers, alizés non-établis… Pas assez pour propulser Hina à sa vitesse de croisière.
Néanmoins, les vents sont désormais bien accrochés (et devraient le rester jusqu’à notre arrivée), et Hina déboule à plus de 7 nœuds, partant parfois dans des surfs endiablés à plus de 10, le tout sous grand’voile et génois tangonné.

Jayana, le bateau de nos amis Canadiens, et Whisper, nos amis Français arriveront probablement demain dans la journée. Anakin, maintenant plus de 300 milles derrière
nous, arrivera probablement mardi ou mercredi. Nos copains Tchèques de Mila II, avec qui nous avons régaté pendant 2 jours au milieu de l’Atlantique, arriveront
probablement une dizaine d’heures après nous. Aphrodite, le bateau de notre pote Valério, arrivera probablement déjà aujourd’hui.. Et puis tous les autres : les
copains Suédois de HavAnna, nos homologues Hallberg-Rassyiens de Sissi… Ceux avec qui nous sommes toujours en train de lutter alors que j’écris ces lignes : Good Vibration, Joemi, AnnMary, Captain Cook, Ximera…

Et sans oublier bien sur Théra (www.projet-thera.com), que nous avons dépassé au milieu de l’Atlantique, juste après être repartis du Cap Vert. Eux arriveront vers le 16 à La Barbade (ils ne sont pas avec l’ARC).

Nous viendrons très vite nourrir ce site avec des tonnes de photos, vidéos, récits après notre arrivée. Pour l’heure, et jusqu’à terre, nous restons concentrés sur l’objectif.
Pour suivre l’arrivée « en direct », le mieux est de suivre notre progression sur YB tracking, et sur le site de l’ARC. Nous estimons passer la ligne dans la journée du dimanche, entre 9 et 15h UTC.

L’équipage est à 110%, gonflé à bloc. Nous attaquons les répétitions du petit spectacle déguisé que nous avons préparé pour notre entrée dans la marina de Rodney Bay. Peut-être même que quelques photos suivront… 😀

La confrérie des Pingouins Atlantiques Tropicaux (PAT) et leur fidèle destrier Hina

N15°43.122′ W27°50.899′ – week 1

Il est 23h. De quart depuis 1h, je viens de terminer la navigation (météo, position).
Nous sommes presque à 200 milles au sud-ouest du Cap Vert. Devant l’étrave, plus de 4000km d’eau à courir.
En écrivant, j’observe l’océan qui entoure Hina depuis maintenant plus d’une semaine. Il est d’un noir
profond, impénétrable. Presque lisse… Seul un léger reliquat de la houle nord de ces derniers jours nous balance de temps en temps d’un bord sur l’autre.
Au dessus, des millions d’étoiles. Brillantes, ternes, rougeoyantes, bleues, blanches… Pas de lune,
mais j’arrive à distinguer l’étrave presque comme au crépuscule. L’air est tiède, léger… Soudain,
quelques flèches fluorescentes dans l’eau. Des dauphins. Ils ne nous quittent jamais longtemps depuis le
départ. Ils viennent, à toute heure du jour ou de la nuit, s’amuser quelques minutes avec notre vague
d’étrave. Puis repartent, et on a presque l’impression de les entendre nous murmurer « à tout à l’heure! ».

David vient de se mettre au lit, fin de son quart. À 2h, Yan viendra me relayer, et sera suivi par Greg à 6h.
Pour le moment, le bateau dort, illuminé seulement en quelques points par notre éclairage de nuit rouge.
Les instruments alignent leurs successions de chiffres. Le radar n’identifie pas un seul écho à 30km à la ronde.
Tout est calme.

Cette première semaine est passée comme l’éclair. Et en même temps, tant de choses se sont enchainées…
Qu’on a parfois l’impression d’être en mer depuis toujours. Le rythme s’est installé très vite après
l’effervescence du départ dimanche dernier. Chacun a trouvé sa place, ses occupations, ses moments de détente.
L’option « route sud », décidée ensemble avant le départ, nous amène exactement ce que nous attendions :
des températures en hausse chaque jour, une mer plutôt calme, un mauvais classement dans la course..
Bon, un tout petit, infime détail fait quand même cruellement défaut : le vent ! Damned..
Pour tenter de parer ce léger souci, nous habillons la belle de ses plus beaux atours.
Toute la garde-robe y passe: gennaker, spinnaker, avec ou sans grand ‘voile en support…
Malheureusement, la fête s’arrête dès le second jour, dans un grand « bang »… Nous voyons le haut du
gennaker décrire une parabole presque parfaite vers l’avant du bateau… Puis, inexorablement (merci
Newton), vers l’eau. Adieu la drisse (= la corde qui permet de monter, et qui tient toute voile en haut d’un mat).
Pas grave : avec 4 Mc Guyvers à bord, le problème est vite contourné (comprenez : la voile restera dans son sac pour le moment ;P).
Reste que le vent se laisse toujours désirer. Pour avancer (quand même) un peu, nous mettons parfois le
moteur en support. Parcimonieusement, parce qu’il y a encore de la route à parcourir, et que nos réservoirs sont très limités.

Une magnifique daurade vient mordre aux hameçons des patrons pêcheurs du bord (Yan et David) le 4eme
jour. Il était temps : la moitié de la boite de pêche avait déjà été perdue, emportée par des proies
trop grosses. La bête est vite maitrisée… Nettement moins vite réduite en filets (David y aura passé
plusieurs heures. Chapeau bas l’artiste). Et termine le lendemain, au cœur d’une fabuleuse préparation pleine de légumes.

Car oui, on ne mange pas trop mal sur notre esquif, même au milieu de l’Atlantique. Engrande partie
grâce à Greg, qui a minutieusement préparé les menus plusieurs semaines à l’avance, assurant même le
pré-chargement d’Hina quand celle-ci était encore à Bruinisse! Résultat : depuis le départ, nous avons
dégusté, entre autres : une blanquette de veau, des burgers maison, salades grecques, chili con carne home made, pizza préparées main et cuites au four…
Mais l’apothéose culinaire reste sans aucun doute le pain ‘boat-made’, que Greg nous fait tous les 2-3
jours, avec toutes sortes de farines multi-céréales plus délicieuses les unes que les autres. Non, vraiment, la bouffe… Ca va 😉

Et la route se poursuit, toujours avec trop peu de vent.. Jusqu’à samedi. Notre routage météo nous fait
passer vraiment près du Cap Vert. Il y a toujours cette drisse à réparer.. Et puis, ça ferait pas de mal de compléter notre appro carburant.
Décision est donc prise de faire un pit-stop express à Mindelo dimanche matin !

Même en y étant resté que 4h au total, exclusivement dans le port de plaisance (pas question d’entamer
les formalités d’immigration pour recevoir l’autorisation de passer à terre, on veut retourner en mer
aussi vite que possible :)), Mindelo nous a donné incroyablement envie de revenir.. Par ses couleurs,
ses senteurs, l’ambiance qui se détachait de ce petit port perdu dans l’Atlantique..

Mais pour l’heure, nous reprenons la mer, drisse réparée, pleins faits ! Et cette fois, il n’y a plus
que l’océan entre St Lucie et nous. Anakin (Grégoire et Pauline, notre « bateau frère / bateau potes ») en aura profité pour nous rattraper un peu, tant mieux!

Un message reçu de l’ARC tout à l’heure nous informait que le premier bateau (Rambler 88, une
monstrueuse machine de course) était sur le point d’arriver – déjà – de l’autre côté. Les pauvres… Pour nous, encore au moins 2 semaines à profiter :))

La nuit avance… Je peux voir dans le ciel le satellite qui emportera mon message dans quelques instants.

Nous n’avons aucun moyen de voir les éventuelles réponses / commentaire à ce post avant notre arrivée.. Mais promis, nous n’en manquerons pas un seul une fois la-bas!

La bise de nous 4

… Petit bonus pour vous faire patienter avant nos prochaines news! A cette heure, nous devons être vers le sud de Gran Canaria. Bises de tout l’équipage!

Préparation du mat!

David nous fait un petit briefing de la préparation du mat… Depuis son sommet! C’est tout chaud d’hier 🙂

Les préparatifs s’achèvent ce matin. Départ du ponton prévu à 11h30 GTM! stay tuned, more to come..

H-24 / skipper’s briefing

Yan et moi sortons du skipper’s briefing à l’instant. Départ à 13:00 UTC demain… le compte à rebours a commencé!

Bonne nouvelle: le race committee boat sera plutôt facile à spotter sur l’eau:


Vu la taille de la flotte, le port de Las Palmas sera complètement fermé à tout traffic commercial entre 11h et 14h heure locale. 

Le départ promet d’être extrêmement impressionnant, avec plus de 220 voiliers sur l’eau, toutes voiles dehors. En fait, il s’agit simplement du plus grand départ du monde pour voiliers dans cette catégorie de taille (15m50 en moyenne)… 

Un ami possédant un drone sur un autre voilier nous a promis de tenter de filmer notre départ depuis le ciel.. Si il y arrive, les images seront sans aucun doute fabuleuses.

Petit point météo:

​​

Très clairement, nous prendrons la route sud. La route « directe » nous permettrait certainement d’aller plus vite, mais au prix de plus de vent, plus de mer, et d’un temps globalement plus froid et pluvieux. Pas ce que nous souhaitons – pour nous, ce sera le plaisir avant la course!! 🙂

La route sud signifie que pendant les premiers jours, nous naviguerons directement en direction des îles du Cap Vert.BNous espérons faire en moyenne 150 milles par jour, peut être moins la première semaine, les vents étant vraiment légers. Nous surveillerons de près le développement de la basse pression à l’est du Cap Vert (zone de vents perturbés et potentiellement calmes), et « tournerons à droite » des que possible. Bien évidemment, nous aurons un « point météo et routage » quotidien autour de la table à cartes de Hina.

More to come later today..

La maintenance

Toute mécanique possède un état normal, stable et naturel, appelé l’état de panne. On peut parfois, pour une durée toujours limitée et avec beaucoup d’efforts, la maintenir dans un état instable et anormal, appelé « l’état de marche ».

Antoine

Un bateau, c’est une grande machine à voyager. Un voilier, c’est une grande machine à voyager qui a une âme. Enfin, disons que pour la seconde partie, on projette peut être parfois un peu…

Reste bien sur le dénominateur commun: la MACHINE. Car oui, c’est bien joli les photos cartes postales au bout du monde, seul au mouillage dans une eau turquoise… Mais rarement, il est fait mention de l’IMMENSE quantité d’emmerdes que les cerveaux entrainés de tout équipage ont du surmonter pour arriver la.

On dit souvent qu’un tour du monde à la voile, c’est avant tout un tour du monde des innombrables concessions, revendeurs, agents, dealers de chacune des dizaines de marques d’équipements installés sur tout voilier qui se respecte. Et bien, c’est parfaitement exact.

De par la nature de l’environnement dans lequel il évolue (eau de mer, chocs, ragage, UV, vie sous marine), tout voilier, assemblage de dizaines de composants par essence hostile aux environnements marins, est en permanence sujet à une défaillance quelconque. Et Hina n’échappe évidemment pas à la règle.

Une certaine lassitude parfois… 🙂

La grande, grande force de ces pannes / dysfonctionnements divers / casse et autres, c’est que non, sur un voilier… On ne s’ennuie JAMAIS.

Leur autre grande force est – vous l’aurez compris – leur capacité à développer un sens aigu du fatalisme chez tout skipper qui se respecte. Ceux n’arrivant pas à passer cette étape finissant en général par couler leur bateau dans un quelconque coin perdu de la planète… Avant de prendre un billet d’avion pour rentrer vite vite, se fondre dans la foule, et reprendre une vie « normale ».

Mais sur Hina, on fait face. Et jusqu’à présent, avec pas mal de succès, il faut bien l’avouer (bon le dessal ne fonctionne toujours pas, mais ce n’est qu’un détail)

Bien sur, il serait faux de prétendre que cela ne nous affecte pas du tout. Parfois, laisser sortir la pression accumulée peut nous mettre dans des états tassez spéciaux….

Yan et David mercredi soir. Ils fêtaient la réinstallation du gennaker….

… Et la situation, 2h plus tôt, quand le voilier venait d’arriver pour installer la voile

Pour cette fois: encore une victoire pour WC Canard!!

Evidemment, on n’a pas toujours l’ARC avec nous, pour organiser une soirée « flower power » de décompression après chaque bricolage. Et heureusement d’ailleurs.

Parfois, les bricolages sont extrêmement satisfaisants. Particulièrement, quand on arrive à retrouver l’état instable (ndlr: l’état de marche). Et oui, les photos « avant-après », ca fait du bien au moral 😉

Parfois, évidemment, il faut s’entourer des conseils des meilleurs… Et pour ca, l’ARC est un vivier de connaissances.

Bon au passage, petit aparté sur la SSB: non, elle ne fonctionne pas encore. Une pièce était bien en transit depuis les UK jusqu’à nous, pour tenter de trouver une solution… Mais le mail suivant est arrivé hier:

capture-decran-2016-11-18-a-16-19-26

Donc voila, la pièce arrivera donc lundi, quand nous seront déjà partis. Merci la douane 😉 (au passage, pour les plus intéressés: oui, la colonne d’échange de mails continue au dessus de l’écran)

Mais heureusement, la grande majorité des histoires ne finissent pas comme ca! Par exemple, ce bricolage dans l’électronique du bateau, plutôt mal embarqué à première vue…

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Ils me font bien rire dans les films catastrophes, quand le héros sauve la situation en n’ayant à choisir qu’entre 2 fils à couper…

… Se retrouve couronné de succès 4h plus tard, avec, en prime, tout qui fonctionne!

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(Evidemment, au départ, ce n’était censé durer que 20 minutes.. ;))

Mais Hina est presque prête… Et nous, nous somme plus prêts que jamais à l’amener de l’autre côté!!! J-2!!

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La traversée de l’Atlantique à cette époque se fait grâce à un régime de vents particuliers créés par l’anticyclone des Açores, joliment appelés les Alizés.

Sur la route qui nous concerne, celui-ci souffle en général entre 10 et 25 noeuds, du nord-est. C’est-à-dire: de trois-quarts arrière par rapport à l’axe d’avancement d’un bateau naviguant plein ouest.

La météo pour les prochains jours annonce des vents relativement (trop) légers, une dizaine de noeuds, et relativement peu établi en termes de direction:

capture-decran-2016-11-19-a-09-49-08

Sur ces dernières prévisions de PredictWind, on voit que le vent attendu sera d’une quinzaine de noeuds, nord-est…. Looks good! Remarquez au passage l’anticyclone des Açores. Les isobares resserrées indiquent les vents plus forts, les isobares éloignées montrent les zones de calmes.

En navigation vent arrière, le bateau ressemblera plus ou moins à cela:

amel_downwind

En termes de préparation du mat, cela nécessite bien sur quelques réglages.. David nous explique ca dans un post à venir 🙂

Crazy times here… C’est la course pour finir la préparation. plus que quelques jours!

4 personnes à bord, une tonne de choses à faire pour garder le bateau au top pendant toute la traversée… Mais la question que vous vous posez peut être est: qui va faire quoi exactement pendant ces 3000 milles d’océan? On s’est dit que ca vous intéresserait de savoir… Donc, go pour un petit tour d’horizon, en textes, images et vidéos 🙂

Sur l’Atlantique, David sera le maitre du pont. Il aura la responsabilité écrasante de chouchouter, d’entretenir, de caresser (non, je ne rigole pas), d’écouter et de surveiller le gréement (c’est-à-dire: le mat, les voiles, les haubans, l’équipement de pont comme les winches, poulies, renvois, etc).

Il devra d’une part assurer un suivi quotidien de tous les éléments, vérifier l’usure, détecter les anomalies… Et d’autre part, il devra s’assurer que le pont reste « clair », pour garantir à l’équipage une capacité de manoeuvre optimale en cas d’urgence.

Bien sûr, cette responsabilité implique de monter dans le mat… Ce qu’il a fait dès notre premier jour à Las Palmas… Mais pas encore pour les « bonnes » raisons:

Greg, quant à lui, sera l’exact complément de David… Pour l’intérieur du bateau. Ce qui fait de lui le grand responsable du « poumon technique » d’Hina: moteur, batteries, générateur, gasoil, eau, dessalinisateur… En deux mots: tout ce qui fera vivre la belle, pendant nos 3000 milles à travers l’océan.

Lors de ses inspections quotidiennes, Greg surveillera donc avec amour la salle des machines, guettant toute perte de liquide, bruit anormal, odeur suspectes, etc. Mais naturellement, avec la responsabilité du poumon du bateau, vient aussi la responsabilité de suivre et contrôler notre consommation de ressources. En effet, une fois parti, plus question de faire un petit plein de gasoil, ou d’eau (il parait que les stations service restent assez rares au milieu de l’Atlantique..)

Greg devra donc, minutieusement, suivre et contrôler la recharge des batteries du bord, l’utilisation de l’eau, du gaz de cuisson, du diesel. Et au besoin, nous taper sur les doigts!

Au passage, il est aussi en charge de la radio « ondes courtes » (BLU – Bande Latérale Unique en français / SSB en anglais). Inutile de vous dire que la mise au point de ce petit bijou technologique d’il y a 20 ans fut longue et périlleuse… Et, à l’heure ou j’écris ces lignes, on attend toujours une pièce essentielle, bien évidemment bloquée à la douane à Madrid (sinon ce serait pas drôle)… :). Nevertheless: Greg en pleine discussion avec le spécialiste SSB de l’ARC:

Yan, de son côté, sera le Second à bord. En termes simples, c’est lui qui aura la responsabilité du bateau si je me réveille un matin avec une trop grosse gueule de bois 😉

Par ailleurs, au quotidien, Yan sera responsable de la navigation, et de la météo. C’est lui qui lancera régulièrement des incantations vaudoues envers Eole ou Neptune, tentera de déchiffrer le temps, essaiera de nous « router » de la manière la plus efficace qui soit… Bref, il tentera de déjouer tous les pièges, pour nous amener le plus confortablement et efficacement de l’autre côté!

Last but not least: Yan s’occupera d’une autre science éminemment obscure pour le capitaine… La pêche! Nous avons déjà plusieurs paris ouverts avec d’autres bateaux… Que le meilleur gagne! (et surtout, que tous les autres perdent).

… Et sinon, à ses heures, Yan s’occupe également de plein d’autres trucs… Comme par exemple:

Et moi dans tout ca me direz vous…? Very simple….:

Stay tuned, more to come soon 🙂