southampton bruinisse

Il est temps d’attaquer le tout dernier morceau du voyage retour! environ 250 milles nautiques (env 450 km) jusqu’à Bruinisse, aux Pays-Bas.

Yan et moi arrivons en éclaireur jeudi 15/06 matin. Nous retrouvons Hina à l’eau (déjà bien), en train de flotter (encore mieux), pas trop salie par sa traversée à dos de cargo (elle était à l’avant, donc, pas trop de suies des moteurs sur son pont). Selon toute apparence donc, en pleine forme!

 

… Et faire 7 monstrueuses machines! 🙂

 

L’aprem passe à remettre Hina en état: enlèvement du « cover » de la grand-voile (placée à St Thomas, pour protéger la housse de grand voile du vent apparent pendant la traversée), remettre le génois (voile d’avant) à poste, finir les machines, laver le pont et l’intérieur, jeter les victuailles périmées…

Fin de journée, nous nous mettons en route pour un petit « galop d’essai » vers la légendaire Cowes, sur l’Ile de Whight

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C’est bon de renaviguer sur la Belle, après presque 6 mois depuis notre départ de Martinique, en janvier 🙂

 

Arrivée à Cowes après 3h de nav, Hina semble toujours en forme. Pas de panne / problème majeur, pas de gros souci technique, pas de voie d’eau. Tout roule!

 

Après un petit plein d’eau, Yan et moi partons explorer Cowes. Véritable « bastion » de la voile classique depuis près de 2 siècles, et port d’attache de la célèbre Cowes Week (l’une des plus anciennes régate du monde), la ville respire la voile de tous ses pores.

Par ailleurs, adorable, et remplie des célèbres « pubs » old-fashionned souvent en activité dans les mêmes murs depuis plusieurs siècles..

.. Et un petit dos de saumon pour moi!

Le lendemain, départ pour une bonne journée de nav. Objectif: Eastbourne, ou nous seront rejoints par nos moitiés

Petit plein de diesel (250 litres quand même..)

La journée est magnifique, et une petite brise d’ouest nous pousse efficacement au portant. Occasion en or pour ressortir de Gennaker, et faire un petit « refresh » de nos belles manoeuvres au tangon, si souvent répétées pendant la transat!

Voiles + soleil + vent: que demander de plus?

Néanmoins, cet état de grâce ne dure pas… Et vers 14h, nous nous retrouvons pratiquement sans vent, avec un courant contraire. Râpé pour Eastbourne, on se rabat sur Newhaven (légèrement moins loin). Tentatives de contacts téléphoniques pour confirmer la dispo d’une place de port, mais pas de réponse. Pas grave, notre guide Imray précise qu’il n’y a « pratiquement jamais de problème pour trouver une place ». En route pour Newhaven donc!

Quelques heures plus tard, nous entrons dans l’avant port. Bref échange par VHF… Pour bien évidemment apprendre que BIEN SUR… Il n’y a plus la moindre place de port pour la nuit.

Great.

Eastbourne n’est plus une option (il est trop tard, et poursuivre jusque la nous ferait arriver de nuit, à marée basse… AKA « the best moment to kiss the mud »). La rage au coeur, nous sommes donc contraints de…. Rebrousser chemin, vers Brighton. Rhaaa…

Heureusement, avec la soirée, le vent se lève à nouveau légèrement…  Mais naturellement, comme nous avons fait demi tour, il est dans le pif! Pas grave: cela nous permet, une fois de plus, de vérifier l’adage que « sur Hina, en Mer du Nord, on se retrouve TOUJOURS avec le vent dans le pif at some point »

Rebrousser chemin vers Brighton: au moins, le coucher de soleil est à la hauteur!

Débo et Vaness arrivent à Brighton par le train, seulement 40 minutes après nous (perfect timing). Plat de pâtes à bord, et dodo – tout le monde est bien naze.

Lendemain matin, petit déj « à l’anglaise » sur le port, avitaillement… Et on est repartis! après analyse approfondie de plusieurs options, nous optons pour une traversée « directe » de Brighton à Veere (Zélande), en passant par le canal de Middelbourg.

Petit dej sur le port de Brighton

Départ fin d’après midi avec la marée, la nav est prévue pour durer +- 24h.

 

Good to be together ❤

Le moment « critique » de la traversée, à savoir le croisement du rail des cargos, est prévu entre 1h et 3h du matin.

 

La traversée de la TSS (Traffic Separation Scheme – « autoroute » de cargos dans la Manche) se passe sans encombre, et nous arrivons en vue de Calais puis Dunkerke en fin de nuit

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Nav de nuit – une expérience 🙂

La mer est incroyablement calme, et nous faisons tout au moteur (grumpf :-()

Le jour se lève vers 5h30 (heure Belge), sur une Manche qui s’apparente plus à un lac qu’à la mer sur laquelle nous avons l’habitude de nous faire secouer..

Vers 14h, nous arrivons en vue de Vlissingen (entrée de l’Escaut), après avoir longé la côte Belge de La Panne au Zoute.

 

 

Arrivée à Veere en fin d’après-midi, après un peu moins de 24h de nav. Fatigués, mais heureux d’être de retour dans « nos » terres. La boucle est bouclée 🙂

 

Promenade du soir. Pas de doute, nous ne sommes plus dans les Caraïbes…

Le lendemain (lundi 19), nous nous attaquons au dernier leg: Veere-Bruinisse. Tout se passe bien, jusqu’à notre arrivée en face de l’écluse d’entrée dans les Grevelingen… Surchauffé par le soleil et la température ambiante (il fait > 30 degrés), le pont ouvrant est… bloqué. Nous resterons bloqués 3h dans la fournaise, à attende que les services d’intervention arrosent copieusement le pont d’eau (true story), pour tenter de le refroidir.

 

Finalement dans l’écluse, après 3h d’attente

Nous quittons Hina en hate, un peu à la bourre pour notre trajet retour en bus / metro / train / uber ver la maison.

Un petit Burger King à la gare de Rotterdam – consolation 🙂

Hina restera à Bruinisse 15 jours, le temps d’un petit passage en chantier (antifouling, polish pont et coque, remplacement de certains éléments). Ensuite, retour à sa place de port à Wemeldinge… Prête pour de nouvelles aventures!!

 

Que de paperasse! Je ne retournerai pas de sitôt dans les US Virgin Island..

Il aura fallu presque 2 jours avant de finalement pouvoir amener Hina à Crown Bay. Marina bcbg, staff globalement anthipatique, tarifs complètement délirants.. on a du mal à se sentir « en vacances ». 

Après de longues et complexes tractations pour avoir ne fut-ce qu’une place de port guarantie pour Hina jusqu’au chargement, nous finissions par l’amarrer dans le box C14.

Une vieille connaissance attend aussi un transport vers l’Europe: Rambler 88, le gagnant de L’ARC 2017, ayant fait la traversée en à peine 8 jours..


Le charme désuet d’un petit port de pêche…


… n’est probablement pas la meilleure manière de décrire Crown Bay marina.

Hina allant faire la traversée retour sur le dos d’un cargo, quelques préparatifs s’imposent, notamment pour s’assurer que rien sur le pont ne souffrira des parfois plus de 100kmh de vent apparent au quel Hina devra faire face (40-50 km/h d’Alizés contraires, cumulés à la vitesse du cargo).

À cette fin, nous retirons le génois, et emballons la grand voile dans une feuille de plastique thermoretractable

Emballage de la grand voile!


Le transport sera assuré par le HHL New York (ci-dessous, chargé d’un large hydroglisseur)


Pour la traversée vers Southampton, le New York transportera pas moins de 49 (!) bateaux de plaisance comme Hina.

Départ de St Thomas fixé vers le 23 mai, pour une arrivée prévue autour du 9 juin. Pour l’heure, nous finissons les préparatifs, et passons une dernière soirée tous les 3 au restau de la Marina

Dans quelque heures, nous prenons l’avion, direction Bruxelles. Et dans quelque semaines, nous irons retrouver Hina à Southampton, pour boucler la boucle, en la ramenant à Wemeldinge, son port d’attache.

To be continued!

Se lever à 3h30 du matin pour prendre la mer.. c’est un peu grisant 🙂 ca rappelle les réveils en pleine nuit quand j’étais gamin, pour monter dans un avion qui nous emmenait loin. 

La nuit est noire, profondément. L’alizé tiède berce Hina, qui tire gentillement sur son ancre. Au dessus, des millions d’étoiles.

Nous remontons l’ancre, et nous élançons dans la nuit, aidés par l’électronique. Pas évident de slalomer entre les rochers avoisinants. 

Et puis, imperceptiblement, les mouvements de tangage se font plus forts. La mer se creuse, légèrement d’abord, puis de plus en plus. Le fond passe de quelques mètres à plusieurs centaines. Nous sommes en route.

Vers 5h30, le jour se lève.

Difficile de décrire le parfum de l’air, l’ambiance « seul au monde ». L’air frais de la nuit fait place à une tiédeur envoûtante. Mille parfums nous parviennent de la Guadeloupe tout proche. C’est l’heure du petit café 🙂

La journée se poursuit, au rythme des alizés. Nous visons nord-ouest, et laissons la Guadeloupe dans notre sillage.

Soudain privés de la barrière protectrice de l’île, qui nous protégeait jusque là de la longue houle Est de l’Atlantique, la mer se creuse. Les vagues se mettent à « moutonner »…. les heures passent, et sous le coup de midi, nous arrivons à hauteur de Montserrat. À l’instant même où, dans la VHF, retenti un appel: « Hina Hina Hina, ici Kotick Kotick ». C’est Etienne Defalque, un vieil ami de papa, en route lui pour la Martinique. Nous avions prévu de nous croiser au sud-ouest de Montserrat, c’est chose faite! Par contre, trop loin pour de belles photos…

Montserrat, et, pratiquement invisible entre l’île et nous, Kotick, faisant route inverse.


La traversée continue. Henri scrute la carte, So alterne contemplation, sieste et photos de dauphins (plusieurs dizaines!). Quant à moi, je lis, je contemple, je profite 🙂

Fin de journée, le soleil promet de nous offrir un spectacle grandiose. La mer est belle (nous naviguons sous le vent de St Kitt), et la Callas nous accompagne alors que nous rendons papa à la mer et au vent.

Le soleil qui s’en va, doucement. Hina qui va de l’avant, toujours plus fort, poussée par une force irrésistible. Pleine de vie, remplie d’espoir. 

La nuit tombe sur nous, l’air toujours tiède. Nous poursuivons notre route, Henri prend le premier quart. Agité, d’abord: entre les cargos qui rejoignent la pointe nord de l’île, et la mer, soudain à nouveau libérée. Et puis, les îles s’éloignent.. et Hina se retrouve seule, au milieu d’un ciel à nouveau rempli d’étoiles. 

Arrivée aux BVI dans l’après-midi du lendemain. Formalités administratives, aller-retour vers St John (USVI) pour notre visa d’entrée aux États Unis. Nous sommes presque arrivés!

Prochaines étapes: amener Hina à Crown Bay Marina (St Thomas), la préparer pour son voyage en cargo vers Southampton… avant de reprendre l’avion vers l’Europe. 

À suivre..

Les Saintes, Guadeloupe

Arrivée sur Hina à 2h30 du matin heure locale, après 20h de voyage, dont presque la moitié à attendre 🙂 en termes de fraîcheur, j’ai connu mieux. 
Hina semble en bonne forme, malgré quelques petits soucis techniques mineurs (les bateaux, ca n’aime pas être abandonné trop longtemps…).

Après quelques heures de sommeil difficilement grappillées, nous attaquons l’administratif, le nettoyage, les courses, avant d’aller terminer la journée au mouillage de la Pointe du Bout. Soirée calme, petit apéro, discussion sur le trajet. On décide de partir le lendemain matin tôt (4h – aïe!) pour l’archipel des Saintes (Guadeloupe). Une grosse douzaine d’heures de nav, parfait pour une bonne mise en jambes!

Henri potasse les cartes, et le (célèbre) guide des Antilles Patuelli

Yeah, première baignade de la semaine 🙂


Le lendemain (mardi), réveil a 3h45… et départ réel à 4h30 (pas si mal!)


Le soleil se lève sur la Martinique (ci-dessus, en face de la ville de St Pierre, pratiquement entièrement détruite par l’éruption de la Montagne Pelée en 1909). Début de traversée calme (la Martinique nous protège bien de la houle est de l’Atlantique)… avant un passage plus exposé, entre la Martinique et la Dominique. 

Au moteur, je m’aperçois que l’hélice et la carène d’Hina doivent être bien sales… impossible de dépasser 6.5kn! Une analyse à l’arrivée nous confirmera effectivement qu’une faune et une flore impressionnantes se sont installées sur les œuvres vives pendant notre absence. Et notamment, les célèbres anatiffes des mers chaudes, sorte de petits coquillages hyper résistants. Ca va pas être fun à enlever… 😉

Nous laissons la Dominique à tribord (pas le temps de s’arrêter, le temps est limité!). Arrivée en vue des Saintes vers 16h. Bonne bouffe dans un restau fruits de mer… demain, c’est journée repos & farniente!

So fait le plein de soleil

Promenade dans la ville de Terre d’en Bas

Nouvel ami

Encore un dîner fruits de mer (la vie est dure), et coucher tôt. Départ fixé à 4h le lendemain matin. Objectif: les British Virgin Islands! 34h de navigation ininterrompue, ca va être fun 🙂

Une dernière traversée.

30.000 pieds au dessus de l’Atlantique, 2h23 CET. Le vieux 747 de la compagnie Wamos qui nous ramène vers Hina aura décollé avec 8h de retard, après une attente un peu épique… Qu’importe: So et moi sommes en route pour retrouver Hina, et la longue houle des Caraïbes. 

Et puis, papa est du voyage…

3 semaines depuis qu’il nous a quittés. Le temps passe tellement vite. Quel chemin parcouru dans nos têtes aussi. Soulagement, mais surtout, surtout, tous ces incroyables souvenirs qui remontent à la surface. Papa, je te revois désormais tellement mieux! Tes expressions, ton rire, tes attitudes aussi…

Comme cette fois ou, alors que j’avais à peine 10 ans, je m’étais mis en tête de traverser la baie de Campo Moro en Corse à la rame. J’avais pris l’annexe du bateau, et j’étais parti. Je me rappelle tellement bien, à chaque coup de rame, je me disais « j’y suis presque! ». Et le soir tombait. Et l’autre coté de la baie semblait ne jamais se rapprocher. Et je continuais, en me disant « abandonner maintenant… ce serait juste trop con! »

Au bout d’une heure, je ne voyais plus vraiment notre bateau bien sûr. Trop loin. Plus assez de lumière.. Quant à la berge opposée, mon objectif… elle se transformait petit à petit en un immense relief un peu menacant, noir, indistinct. 

Je continuais à ramer. Je crois aussi que je commençais à avoir un peu peur de l’inévitable engueulade qui se profilait à l’horizon.. 😉 je me disais que si j’arrivais au moins à ramener une preuve de mon exploit, tu serais plus indulgent… 

Et je me souviens tellement parfaitement de ce moment où j’ai compris que je n’y arriverais juste pas. Qu’il était trop tard. Qu’il faisait trop noir. Que mes coups de rame étaient trop dérisoires par rapport à l’immense distance à parcourir.

Alors, j’ai fait demi tour, une sorte de honte  mêlée de rage dans le cœur. J’ai ramé dans la direction opposée. Plus ou moins. Tentant de revenir vers le bateau. Je me retournais tout le temps, espérant voir ta silhouette familière quelque part, prête à me passer un bon savon…

Et soudain je t’ai vu. Tu étais calme, assis sur le pont. Tu me regardais, une paire de jumelles rivée sur les yeux. Un peu éclairé par les lumières des bateaux à l’ancre autour du notre. J’ai encore ramé longtemps pour arriver au bateau. Et puis finalement, je suis arrivé. Il faisait noir. Tu as pris l’amarre de l’annexe. Je suis monté à bord, prêt pour la dérouillée du siècle. 

Et tu m’as juste regardé, dans les yeux. Tu m’as dit « ce n’est pas très malin ce que tu as fait la Pitchoun ». Et il y avait tellement tout dans ton regard, une sorte de peur mélangée à un peu de fierté peut être, un je ne sais quoi d’énervé… enfin bref, quelque chose qui a fait que je n’ai pas recommencé de sitôt 😜

Et aujourd’hui, tu nous accompagnes la ou une partie de ton cœur n’a jamais cessé d’être: les chaudes mers des Antilles, et ton bateau. 4000 km devant nous, Henri nous attend. Toujours la depuis notre enfance, et bien sûr la aujourd’hui. Il est arrivé sur Hina cet aprem, alors que nous tentions encore de savoir si notre avion finirait par décoller. 

Hina semble être en pleine forme, prête à partir. Petit avitaillement demain, et nous nous élançons pour la Guadeloupe!

Hina rentre en Europe

Après quelques semaines parquée dans la marina Étang Z’Abricots à Fort de France, Hina est sur le point de reprendre la mer… Pour rentrer à la maison 🙂


Près de 7000km à parcourir pour retrouver sa chère place dans le port de Wemeldinge aux Pays-Bas… une paille! 

La traversée retour risquant d’être autrement plus éprouvante (corollaire logique des vents portants de la traversée « aller », les vents sont principalement contraires sur le retour…), après mûre réflexion, nous avons donc décidé qu’Hina fera une grande partie du voyage… confortablement installée sur le dos d’un (beaucoup) plus gros bateau qu’elle! En gros, ca se passe comme ça:


Avantages: rapide, mais surtout… pas d’usure (ni de mauvaises surprises techniques à l’arrivée..)

Nous avons choisi de travailler avec Peters and May. Leur gros point fort: proposer une « route » reliant directement les Antilles à l’Angleterre (Southampton – vraiment proche de la maison), la ou la plupart des sociétés de transport ne délivrent qu’aux Acores, ou en Méditerranée (ce qui aurait signifié encore un bon mois de mer pour rentrer aux Pays-Bas.)

Le point de départ de leur route retour étant St Thomas (US Virgin Island), il faut évidemment y amener Hina. 

St Thomas se trouve à environ 370 milles nautiques de la Martinique (+- 700 km), soit environ 55 heures de navigation. Et c’est cette traversée pour laquelle nous nous apprêtons à nous élancer le 24 avril prochain, soit dans un peu plus d’une semaine!

Le plan d’attaque de la traversée: beaucoup de nav, quelques petites haltes… ca va être fun 🙂

Suite à la disparition de papa le 30 avril dernier, nous avons décidé, mon beau-père Henri, ma sœur So et moi-même de faire ce convoyage ensemble. Moment en famille, sur son voilier, qui l’aura amené 2 fois de l’autre côté de l’Atlantique, et avec lequel il aura navigué près de 20.000 milles, entre la mer du Nord, l’Atlantique, la Méditerranée, les Caraïbes… souvenirs donc, mais surtout… Continuer à naviguer, encore et toujours 🙂

Le planning du retour en bref:

  • 23/04: on arrive à Fort de France
  • 25/04: traversée FdF – Îles des Saintes (Guadeloupe) (110M – 16h de nav environ) 
  • 26/04: traversée Les Saintes – Deshaies (40M – 6h de nav)
  • 27/04: traversée Deshaies – St Kitts & Nellis (80M – 12h de nav)
  • 28/04: Break (il faut bien souffler un peu!!)
  • 29 au 30/04: traversée St Kitts & Nellis vers St Thomas (150M – 24h de nav)
  • 01/05: St Thomas – formalités et clean-up
  • 02/05: on reprend l’avion pour l’Europe, laissant Hina dans les mains de Peters and May
  • 09/05: date de chargement estimée d’Hina, et départ de la traversée sur le pont du cargo porteur
  • 25/05: date de déchargement estimée d’Hina à Southampton
  • 01/06: je retourne à bord pour ramener la belle jusqu’à Wemeldinge
  • 04/06: Hina est de retour à son ponton habituel à Wemeldinge.

Un programme bien dense en nav donc! Mais avec une équipe de choc aux commandes, un super bateau, une bonne météo, du vent portant et une mer chaude.. Que du plaisir en perspective aussi 🙂

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Bruxelles, Gare du Midi, lundi 8/01/2017, 10h. Un petit crachin bien de chez nous m’accueille sur le quai, à la descente du Thalys. J’avais prévu le jeans et le sweat shirt. Pas la veste de ski 😉

Ces dernières semaines ont été incroyables. Entre la traversée, les 3 semaines de navigation dans les Antilles, les soirées, les rencontres… Sentiment profond d’avoir vécu des moments inoubliables, uniques.

Hier, Yan, Vaness et moi avons laissé Hina au Marin. C’était marrant de la quitter, après 2 mois presque ininterrompus à vivre à bord. Elle était toute brillante, bien lavée inside out, en pleine forme, prête pour voguer vers d’autres aventures. En fait, je suis sur qu’elle demanderait que ca la belle. Mais comme toujours, a un moment, il faut bien rentrer. Reprendre la vie « normale ». Retrouver le boulot. Mais aussi, et surtout… retrouver tous les amis, la famille… Tous ceux qui, en fait, ont permis le départ!

C’est donc avec le cœur finalement bien léger que je me suis retourné une dernière fois, pour regarder Hina tirer sur ses amarres. Merci la belle… C’était une sacrée aventure 🙂

Et maintenant… place à la suite!

Le temps passe tellement, tellement vite… Trois semaines, ca semble long au début.. Mais il ne reste déjà que quelques jours!

Le 3 au matin, nous appareillons pour Union Island, dans les Tobago. Arrivée fin de matinée, et découverte d’un magnifique spot de… Kite Surf 🙂

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Le mouillage d’Union est protégé par une barrière de corail… Entre la barrière et le mouillage: le paradis des kiteurs!

Débo et moi décidons de nous faire une petite matinée d’apprentissage le lendemain matin (enfin, disons plutôt que Débo me motive à le faire – Capitaine Pantoufle étant plutôt prêt à rester à lire son bouquin trankilou… ;))

Le lendemain, place à 3h d’initiation intense… Le moins que l’on puisse dire, c’est que  le kite… c’est GENIAL 🙂

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Après le cours – contents 🙂

Sur Anakin, Oli et Greg, kiteurs confirmés, s’en donnent également à coeur joie… Nous finissons la journée dans le petit village de pêcheurs – adorable.

Soirée bars… Puis le lendemain, on re-bouge. Cette fois, c’est parti pour les Keys!

Les Tobago Keys, et plus particulièrement les Keys… C’est ca:

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Image d’Internet – pas encore de drone à bord pour le faire nous-mêmes 😉

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Un petit chapelet d’îles minuscules, entourées d’une barrière de corail, et bordées d’incroyables plages de sable fin..

Paradis du Snorkeling, des langoustes et du poisson…

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Petites langoustes tout juste livrées…

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3 jours sur place, dans différents endroits.. Et soudain, le dernier soir est la. Barbecue sur la plage, organisé par des pêcheurs

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Ilan likes it 🙂

… Et le lendemain, nous reprenons la mer, direction retour vers la Martinique!

La traversée totale s’annonce longue – 16h all in. Débo et moi faisons le choix de partir tôt, et de faire une pause le soir à Rodney Bay (Sainte Lucie), avant de poursuivre vers la Martinique le lendemain matin

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Départ à l’aube (il faut quand même un peu de lumière pour slalomer entre les pâtés de corail ;))

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Halte rapide à Bequia, pour les formalités… L’occasion d’une dernière noix de coco 🙂

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Nav sans histoires, mais quand même un peu longue. Fin de journée, le soleil se couche, alors que nous sommes encore à 2h de nav de Rodney Bay

Arrivée en Martinique le 6 milieu de matinée… Préparatifs de départ (Débo, David, Marta, Greg, Zoé, Ilan et Coline prennent l’avion le lendemain). Yan, Vaness et moi restons encore jusqu’au dimanche aprem.

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Un dernier Punch pour la route… Verre tous ensemble le dernier soir 🙂

Nous sommes le 31 décembre 2016. Après une petite nav sans histoires, Hina arrive à Canouan tôt dans la matinée.. Suivie 2h plus tard de No Stress. Mais ce n’est pas tout..! Depuis la veille au soir, contre vents et marées (bon, ils avaient le vent dans le dos, et en fait y’a pas vraiment de marées dans les Caraïbes… Mais quand même!), Anakin bataille pour nous rejoindre! Objectif: passer le nouvel an tous ensemble!

Nous suivons leur progression avec une pointe d’inquiétude (et s’ils n’y arrivaient pas?). Et soudain, vers 17h… On voit apparaître la silhouette bien connue à l’horizon 🙂 YEAH! 4 têtes aux traits bien tirés par une nuit agitée, mais tout sourires parce que quand même, c’est cool de tous se retrouver 🙂

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La plage de l’hôtel Tamarind Beach, ou nous célèbrerons l’entrée en 2017! On a vu pire 😉


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L’équipage de No Stress, en route pour rejoindre la terre


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(et l’opération commando « chargement » 10 min avant – durant laquelle le défi principal est de ne rien laisser tomber à l’eau, surtout ce qui a 2 bras et 2 jambes, et est emballé dans des jolis gilets flashys  ;)) – D’ailleurs Ilan, il est ou le tien, de gilet?!?

Petit tour dans l’île Débo et moi, à la découverte de magnifiques plages désertes… Rencontre avec Donna, notre taxi-women, qui nous fait découvrir quelques coins cachés…

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Vive l’eau turquoise

… Et enfin, retrouvailles avec l’équipage d’Anakin et de No Stress, pour un nouvel an « colourful » 🙂

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Sur cette photo, Vaness a encore le contenu de son verre dans son verre. (grâce à moi, 30 secondes plus tard, il sera sur ses genoux)

Le lendemain matin (euh, midi)… Début de l’année en douceur. Mon filleul me montre la plage, et on va se promener à 2 comme tous les premiers janviers depuis qu’il est né (bon, ca n’en fait jamais que 2 ;)).

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Pour les plus observateurs: non, à la base, il n’était pas prévu que mes baskets aillent dans l’eau

Encore une journée sur place, pour démarrer l’année en douceur… Puis le 3 janvier, départ pour les Tobago Keys… Enfin!! A suivre… 🙂

Ca débute lentement… comme un train qui quitte le quai. On est pas trop sûrs, on tâtonne. « On bouge le bateau aujourd’hui? » « Euh non… on est bien la… si on attendait demain? ».

Et puis, les jours passent. On prend de l’assurance. On se rend compte aussi que chaque fois qu’on bouge, les paysages sont plus beaux, les gens sont plus chaleureux. Alors, petit à petit… on descend vers le sud. Avec une première étape à l’anse des Pitons, en face de la ville de Soufrière (Sainte Lucie).

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Arrêt-lunch à Marigot Bay – Santa Lucia.

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Anse des Pitons (tout en bas de l’image, le mouillage..)

Mouillage pas évident, où il est bon d’arriver de jour (les boat boys vous trouvent rapidement un corps mort… indispensable dans cette baie escarpée, ou les fonds plongent à plusieurs dizaines de mètres, à quelques mètres seulement du rivage).

Petite promenade de santé tous ensemble, et visite de la soufrière… Vaness trouve son « Stairways to Heaven », on essuie quelques petits grains tropicaux, les enfants se laissent transporter dans leurs « sac à dos » dédiés 🙂

Bien sur, qui dit Soufrière dit… Eau chaude, et.. Bain de boue!

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petite AKA improvisée

(inutile de préciser qu’on a trouvé des restes de sables volcaniques dans nos maillots à peu près jusqu’à la fin du séjour… ;))

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Un petit thon rouge tout frais? Y’a qu’a demander!

Bien sur, qui dit mouillage pour le bateau, dit… Nuits au mouillage. Et la, contrairement à ce à quoi je m’attendais, on s’aperçoit vite que ces emplacements paradisiaques ne sont pas si calmes que ca. Pas du tout à cause du bruit évidemment… Mais bien à cause du roulis (comprenez, le léger mouvement de balancier permanent du bateau, du aux petites vagues venant de la mer..). Debo en fera les frais ces premières nuits, peinant à dormir à cause des mouvements du bateau, un peu amples 😦 Tous les stratagèmes pour éviter les mouvements du bateau seront bien sur tentés, comme ci-dessous

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Montage anti-roulis: déporter la bôme (support de la grand-voile, ici recouverte d’une housse bleue) sur un bord, y attacher l’annexe, en l’ayant au préalable rempli de 150l d’eau. Efficace!

Evidemment, les comparses sur « No Stress » (le catamaran de location) n’auront pas ce problème.. Les catamarans étant par essence moins sensibles aux mouvements de balancier.

Après 2 nuits dans les Anses des Pitons, nous continuons vers le sud! Objectif: Bequia! Traversée tranquille… Avec une mer quand même un tit’peu formée 😉

Arriver à Sainte Lucie en venant de Martinique, c’est déjà un peu changer de monde… Mais arriver à Bequia en venant de Sainte Lucie, c’est carrément sauter dans un autre univers!

Les gens sont adorables, compètement dans le « mood » Rasta (musique, fumette, coiffures ;)). L’île n’est pas grande, mais le mouillage principal est immense, et bordé d’un petit village rempli de petits marchés, étals de poissons, objets d’artisanat local…

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Bien sur, la contrepartie, c’est qu’il y a aussi beaucoup de bateaux 😉

2 nuits sur place.. Agrémentées de quelques langoustes magnifiques de chez « Mrs Johnsons », d’une grande balade dans l’île, et de rencontres avec les tortues, au sanctuaire « Old Hegg ».

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Le sanctuaire des tortues « Old Hegg »

Le passionné derrière ce projet, Orton King (aujourd’hui près de 80 ans) nous a raconté avoir ouvert ce sanctuaire pour protéger une espèce de tortues en voie de disparition, la « hawksbill turtle ». C’est une tortue particulièrement réputée pour la qualité supérieure et la beauté de son écaille, raison pour laquelle elle est l’une des espèces de tortues de mer les plus menacées au monde…

 

Le temps passe… Et nous reprenons la mer le lendemain, direction… Mustique Island!

Arrivée après 1h d’une traversée sans histoire, dans un mouillage particulièrement mal protégé… Néanmoins, les plages ont l’air magnifiques! Le lendemain, nous partons faire le tour de l’île en taxi (l’île étant entièrement privatisée et sécurisée pour les nombreuses stars qui y résident, impossible de laisser les petites gens de s’éparpiller joyeusement partout sans garde-chiourme). Nous sommes à la fois conquis par la beauté des paysages, et emplis d’un sentiment un peu « bitter-sweet », entre les hallucinantes villas de plusieurs milliers de mètres carrés, et les règles plutôt strictes encadrant la population locale importée de St Vincent pour faire tourner ces mastodondes..

Macaroni Beach, Mustique Island. Au fond, la villa de Brian Adams (étalée sur toute la plage que vous apercevez en face ;))

Petit arrêt au légendaire Basil’s Bar – à peu près le seul endroit de l’île accessible aux touristes librement

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Remarquez le sapin de Noël dans l’arrière plan.. Assez anachronique 😉

… Et bien sur, vamos a la playa!

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Départ prévu le lendemain, direction… Canouan! Suite au prochain épisode… 🙂